Énergie solaire • Territoire • Infrastructure • ⏱ 4 min de lecture • Publié le 10 avril 2026 • Par Raymond Sarr
Le hub, au cœur de la transition énergétique
Dans le magnifique Sine Saloum des pirogues électriques circulent déjà. Elles transportent des passagers, remplacent des trajets au carburant, fonctionnent tous les jours.
“Ce n’est plus une démonstration. C’est une activité.”
Mais ce qui permet à ces trajets d’exister ne se voit pas toujours. À Ndangane, porte d’entrée privilégiée sur le delta, un paysage culturel classé au patrimoine mondial de l’Unesco, l’électrique fonctionne parce qu’un système a été mis en place derrière par Jokosun Energies. Une organisation de l’énergie, pensée pour tenir dans la durée.
« Sur le terrain, le besoin est simple. Naviguer. Transporter. Repartir. Ce qui compte, ce n’est pas seulement de faire un trajet, c’est de pouvoir en faire un autre, puis un autre encore. La continuité fait toute la différence. »
L’énergie est là. Le Sénégal reçoit en moyenne 4,2 à 6 kWh/m²/jour, selon International Renewable Energy Agency. Une ressource abondante, disponible chaque jour.
Mais entre cette énergie et un trajet réel, il y a un écart. Il faut la capter, la stocker, la rendre accessible.
À Ndangane, cet écart est comblé par un point précis. Un lieu unique où tout se connecte. Le hub.
Sur place, l’énergie est produite, stockée, puis utilisée directement pour alimenter les batteries. Des systèmes simples permettent de gérer les cycles, d’optimiser l’usage, d’assurer que les bateaux puissent repartir sans attendre. Chaque jour, ce fonctionnement permet d’assurer plusieurs dizaines de trajets. C’est ce qui transforme une possibilité technique en service réel.
“Sans cette organisation, un bateau électrique fonctionne de manière ponctuelle. Avec elle, il s’inscrit dans une activité régulière. Le passage est discret, mais décisif.”
Les effets sont immédiats. Moins de carburant utilisé, moins de bruit sur l’eau, moins d’émissions locales. Autour du site, une activité se structure. Des opérateurs, des techniciens, des usages qui s’organisent. Le hub devient un point d’équilibre.
Un modèle reproductible
Ce qui se met en place à Ndangane dépasse le site lui-même. Le même principe peut être reproduit ailleurs — un autre point, un autre territoire, les mêmes fonctions essentielles :
Produire l'énergie localement, par le solaire
La stocker dans des batteries adaptées aux conditions d'exploitation
La distribuer aux embarcations, selon des cycles optimisés
Progressivement, ces points forment un réseau. Non pas un grand système centralisé, mais une série d'infrastructures locales, adaptées aux usages et aux contraintes de chaque zone.
« C’est à cette échelle que la transition énergétique prend forme. Pas uniquement dans les grandes installations, mais dans ces points d’ancrage qui rendent l’énergie disponible là où elle est réellement utilisée. »
À Ndangane, les pirogues électriques circulent. C’est visible. Mais ce qui compte, c’est ce qui permet à ces trajets de se répéter, jour après jour. Une infrastructure simple, locale, opérationnelle. C’est là que la transition devient concrète.