Le futur des pirogues est électrique, et il commence... ICI

À Ziguinchor, le Sénégal expérimente l’avenir de la mobilité sur l’eau. En transformant les moteurs thermiques des pirogues en moteurs électriques, nous ouvrons la voie à une transition concrète, accessible et locale. Moins de dépendance énergétique, plus d’autonomie pour les pêcheurs et piroguiers : le changement se construit ici, sur nos fleuves.

À Ziguinchor, El Hadj, pêcheur depuis plusieurs années,  pousse sa pirogue vers le fleuve. Le moteur tousse, crache sa fumée noire, et le réservoir se vide trop vite. Chaque année, il dépense près de 1,5 million FCFA en carburant,  presque la moitié de ce qu’il gagne. Comme lui, des milliers de piroguiers au Sénégal voient leurs marges s’effriter. La pêche nourrit encore les familles, mais elle épuise les revenus et renforce la dépendance énergétique.

Dans la région de Ziguinchor, on compte plus de 6 000 pêcheurs. Chaque jour, ils sillonnent les eaux calmes du fleuve Casamance pour nourrir la ville et les villages alentour. Mais ces mêmes eaux accueillent aussi les pirogues touristiques, les balades au coucher du soleil, les circuits écologiques qui font vivre de nouvelles agences de voyages locales, les  campements et les guides locaux. Une économie entière respire au rythme de ces moteurs  : la pêche, le transport, le tourisme.

Et tous dépendent du même carburant, du même coût, de la même fragilité.

Un matin, sur le quai, El Hadj découvre une autre manière d’avancer sur l’eau. Pas de bruit, pas de fumée. Une pirogue glisse lentement sur l’eau, propulsée par un moteur silencieux … électrique. Ce n’est pas un rêve ni un prototype de laboratoire : c’est la première pirogue électrique rétrofitée d’Afrique, conçue et testée ici, au Sénégal. Un moteur thermique transformé localement pour fonctionner à l’électricité, avec une maintenance assurée sur place.. Moins de pièces, moins de pannes, moins de dépenses. 

Pour El Hadj, c’est la possibilité de reprendre le contrôle de son outil de travail, d’économiser, de prévoir. Ce changement, c’est plus qu’une innovation technique : c’est une réappropriation.Une manière pour les pêcheurs et les piroguiers de retrouver leur autonomie : énergétique, économique, et symbolique.

Voici notre conviction : 

« Le futur des pirogues est électrique. Et il commence ici. Au Sénégal avec El Hadj»

Notre réalité en chiffres  : des moteurs qui saignent l’économie locale et notre environnement

Les pirogues sont le système vital du Sénégal. Elles sillonnent Joal-Fadiouth, Mbour, Kayar, Saint-Louis, Ziguinchor... Elles transportent les passagers, les denrées, la pêche du matin. Elles représentent des dizaines de milliers d’embarcations, dont plus de 80 % motorisées (FAO).

Chaque année, ces moteurs consomment près de 200 000 litres de carburant/jour rien qu’au Sénégal (Source : Les données de la FAO (≈ 0,25 L/HP/heure), combinées aux statistiques sur la flotte artisanale (plus de 24 000 pirogues, dont 80 % motorisées) et aux rapports de l’ANSD et de la Cour des Comptes, permettent d’estimer un scénario médian autour de 250 000 litres/jour.)   Cela équivaut à plusieurs dizaines de milliards de FCFA qui s’évaporent en importation (ou production locale future) de pétrole.

Personnes en tenue orange à la plage avec un bateau coloré au bord de l'eau.

Pour un pêcheur artisanal, la facture est lourde : jusqu’à 1,5 million FCFA/an en essence, soit près de la moitié de son revenu brut. (PREO, FAO). Le reste disparaît dans la maintenance : pièces importées, réparations fréquentes, arrêts non planifiés. Résultat : la marge s’effrite, la précarité augmente, la dépendance énergétique se creuse.

Notre Réponse : l’électrique comme levier de souveraineté

Nous croyons qu’un autre modèle est possible.

Un moteur rétrofité, c’est un moteur thermique existant qui a été transformé pour fonctionner à l’électricité. Concrètement : on retire les pièces liées au carburant, on adapte le bloc moteur, on installe un kit électrique et une batterie. Résultat : des coûts d’usage réduits de 40%. Et puis finies les nuisances sonores. Une autonomie de 2 à 4 heures adaptée aux trajets côtiers.

La technologie n’est pas importée clé en main : elle est adaptée, testée, améliorée sur le terrain, avec nos mécaniciens affiliés.

Pour le pêcheur/piroguier, cela veut dire plus d’autonomie en mer, plus de prévisibilité, moins de stress financier; pour le transporteur, une activité qui gagne en fiabilité; pour les communautés, un cadre de vie apaisé.

Infographie en noir et jaune présentant quatre statistiques clés, avec des icônes correspondantes : une pièce de monnaie avec un dollar, un symbole de réduction, un graphique de croissance, et un casque de chantier. La première stat indique 40% de diminution des coûts d'exploitation par piège, la deuxième une réduction de 90% du bruit dans les zones sensibles, la troisième jusqu'à 300 000 FCFA par an en marge pour un pêcheur, et la dernière 4 à 6 emplois directs et 15 indirects créés dans chaque hub.

Notre Impact concret 



C’est ainsi que naissent les vraies transitions : celles qui durent, celles qui renforcent la souveraineté.

Et au-delà du Sénégal, notre regard s’élargit : Gambie, Guinée-Bissau, Cap-Vert, Côte d’Ivoire… Des corridors de mobilité fluviale peuvent émerger, région par région, si nous choisissons dès aujourd’hui de les rendre possibles.

Pour El Hadj, ce changement n’est plus une promesse : c’est une réalité. Son moteur est silencieux, sa pirogue avance sans fumée, et ses revenus respirent à nouveau. Ce qui commence à Ziguinchor peut se déployer sur tout le continent. Nous ne parlons pas d’une utopie. Nous parlons d’une solution en marche..

A l’avenir  : électrifier les fleuves, les bolongs, les deltas … 

Une femme et un jeune homme sur un bateau au bord de l'eau, avec un bateau à moteur en arrière-plan, dans un paysage côtier.

Notre ambition dépasse le simple moteur. Nous voulons électrifier les voies d’eau africaines; des bolongs du Delta du Saloum aux rives de la Casamance.

Chaque hub installé, chaque batterie échangée, chaque trajet effectué est une pierre posée dans un édifice collectif. Mais un édifice ne tient pas seul : il lui faut un socle : c'est-à-dire, en plus de la bataille d’innovations et d'entrepreneuriat que nous menons, une vision partagée, des choix politiques clairs,, des investissements bien fléchés.

L’électrification de la mobilité sur l’eau ne peut être l’œuvre d’un acteur isolé. C’est un écosystème à bâtir, où l’État, les collectivités, les bailleurs, les entreprises et les communautés locales avancent ensemble.

Groupe de personnes poussant un bateau de pêche sur la plage.

Les pirogues sont là. Le soleil brille déjà. Et c’est à partir de Ziguinchor que le mouvement a commencé. Senegal = Sunu Gal :  “notre pirogue”, symbole d’un futur que nous construisons ensemble.